Riggan Thomson était un acteur célèbre. Mais ça, c’était avant. À l’époque, il jouait Birdman, un super-héros déguisé en… piaf (chacun son truc). Et comme on aime les hommes en collants au ciné, célébrité et argent n’ont pas tardé à lui tomber dessus. Puis, plus rien. No man’s land. Le super-héros a laissé place à un super-loser, se reposant uniquement sur sa gloire passée. Dans un dernier élan, il tente de revenir sur le devant  de la scène en montant une pièce à Broadway…
Le besoin de reconnaissance permanent, le sentiment d’une vie gâchée, la sensation de n’avoir jamais eu de talent… tout ça lui monte légèrement au bec, et Riggan devient sacrément ravagé du cerveau.
Le film pointe aussi les dérives de notre société, où pour être un bon acteur, il faut surtout faire le buzz. C’est ça que les spectateurs veulent voir, avides de people plus que de belles performances.

 

Méconnaissable dans la peau de Riggan, Michael Kaeton (oui, celui qui ressemblait à s’y méprendre à Julien Lepers) est impressionnant dans le rôle de l’acteur paumé. Il a les yeux hagards, le regard fou, et l’allure inquiétante. On pense forcément à son propre passé, puisque l’acteur s’est glissé par 2 fois dans le costume Batman dans les films de Tim Burton, avant de passer par une carrière moins célèbre. Le film y fait d’ailleurs quelques clins d’œil bien senti, alors tendez l’oreille !
La pétillante Emma Stone (vue dans le dernier Woody Allen), est ici métamorphosée… les yeux étrangement globuleux, elle est très convaincante en ex-junkie paumée, privée de tout repère paternel, et dont le passe-temps principal consiste à faire des points sur des rouleaux de PQ. Et si vous aimez Edward Norton, vous allez vous régaler : il est très en forme en comédien nombriliste, qui ne se remet jamais en question, pas même quand, sur scène, et devant des centaines de spectateurs, surgit de son pantalon une énorme trique (aaah mesdemoiselles, ça y est ce film vous intéresse ?)

 

 

La caméra, elle, suit constamment les personnages, et ses mouvements ininterrompus donnent le vertige. Rarement fixe, elle rappelle le tourbillon incessant qui anime ce monde de paillette.  La musique est un son, celui d’une batterie qui accélère au rythme des émotions tourmentées du personnage. Le mélange des deux rend mal physiquement, et donne presque la nausée (et non, je n’avais pas bu avant). On est au plus près du personnage, on ressent son mal être.

 

On comprend pourquoi Birdman, a volé jusqu’au Oscars : étrange et cinglant, il est vraiment unique, et qu’on aime ou pas, on ne peut que l’avouer.

 

 

 

Sources images : youtube.com / avoir-alire.com / io9.com / stocklandmartelblog.com