Sous Louis XIV, la construction de Versailles bat son plein. Tout le monde est mobilisé pour construire une demeure à la hauteur du Roi excentrique. Les fameux jardins représentent un énorme challenge, et c’est André Le Nôtre qui s’y colle pour rendre les lieux grandioses.

 

Voilà pour le rappel historique… SAUF que le film est tout sauf historique. Les incohérences se multiplient. Ceux qui veulent apprendre des choses sur le XVIIe siècle, passez votre chemin.


Pour commencer, Le Nôtre choisit une femme pour se charger de la création du Bosquet des Rocailles. A une époque où la femme n’était pas tout à fait l’égal de l’homme, on a quand même du mal à y croire. Mais en plus, Sabine est une fille super badass pour son temps, qui ne passe pas sa vie en tant que mère porteuse comme les autres, mais qui travaille à son compte comme jardinière paysagiste. Soit.
Et ça n’est pas fini : Sabine ose faire la leçon au Roi Soleil, gentiment, certes, mais tout de même. Dans la réalité, Louis XIV l’aurait envoyé illico en camp de vacances dans un couvent plutôt que de la laisser continuer à rempoter les fleurs.

 

Pour la suite de l’histoire, pas de grandes surprises. Kate Winslet interprète Sabine,  et Matthias Schoenaerts Le Nôtre ; on sent dès le début que les deux ne vont pas se contenter de parler géranium pendant 1h56.
Leur histoire d’amour est donc le point central du film, la seule chose valable d’ailleurs du long-métrage. Leur interprétation est touchante, et leur osmose palpable. Un duo tout à fait convaincant à l’écran.
Ça, c’est pour le côté romantique. Maintenant, la réalité : Sabine de Barra, aussi sympathique soit-elle, n’a jamais existé. Concernant Le Nôtre, l’homme s’approchait bien des 70 ans à la fin de la construction des fameux jardins. S’il avait voulu être au plus près de la réalité, le film aurait dû être une romance entre grabataires incontinents. Moins glamour pour un film hollywoodien, on en convient. Contrairement au film, Le Nôtre était aussi plus âgé que le Roi Soleil, étant de 25 ans son aîné.

Alors, oui, ça fait déjà un peu mal. Parlons de la Cour du Roi maintenant. Il faut rappeler que les hommes se rapprochaient plus de travestis maquillés comme des carrosses volés que d’hommes virils (désolé Matthias). Mais ici, le réalisateur a un peu lissé le côté Cage aux Folles qui ne passait pas à l’écran. D’ailleurs, le beau Le Nôtre ne porte pas de perruque, mais personne ne dit rien. C’est sûr que Matthias en perruque et fardé de rouge à lèvre comptant fleurette  à Kate Winslett, ça n’aurait pas donné le même effet…

 

ET CE N’EST PAS FINI ! Sans vouloir casser le côté bien-pensant du film sur la relation parents-enfants du XVIIe siècle, il faut quand même rétablir la vérité. A l’époque, les gosses, on n’en avait rien à carrer. D’ailleurs, on les faisait à la pelle parce qu’il n’était pas rare que Jean Philipe 1 meurt de variole, alors on faisait un Jean-Philippe 2 en espérant que celui-là tienne un peu plus longtemps. Bref, on ne s’attachait pas aux enfants, qui étaient d’ailleurs considérés comme de petits adultes. La scène émouvante où les mères énumèrent leurs enfants disparus la larme à l’œil est donc quelque peu exagérée.

 

Pour finir : le réalisateur est Alan Rickman. Le Roi Soleil est interpréter par… Alan Rickman… Coïncidence ? Je ne crois pas… Et pour ceux qui ne l’auraient pas reconnu : Alan Rickman n’est autre que… Rogue de la saga Harry Potter (un peu empâté depuis). Alors forcément, on pouvait se douter qu’il y aurait anguille sous roche.

 

Le plus : Les boiseries sont du style Louis XV et non Louis XIV (oui je me la pète).

 

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